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Formule n° 2 : Le Café Maure et Le Musée de Minéralogie

Galerie de minéralogie et géologie muséum d'histoire naturelle paris

J’espère que le principe de la formule vous plait, car en revoilà une seconde ! Cette fois-ci, je vous propose d’aller déjeuner au Café Maure de la Grande Mosquée de Paris, rue Buffon, puis d’aller flâner au jardin des plantes avant de visiter la galerie de Minéralogie du Muséum d’Histoire Naturelle.Galerie Mineralogie Museum d'histoire naturelle paris

J’imagine que tout le monde connaît la Grande Mosquée de Paris et son célèbre restaurant, non ? Même si les prix ont considérablement augmenté ces dernières années, l’endroit est toujours aussi agréable pour aller boire un thé entourés  de moineaux sans foi ni loi, manger un loukoum sous les arcades en cèdres ou dévorer un tajine aux citrons confits au chaud sur les grands plateaux de cuivre qui font office de table.Grande mosquée de paris menu prix carte restaurant tajine couscous thé menthe

Du côté de la carte, le lieu propose les grands classiques du genre comme les bricks, les couscous et les tajines qui se déclinent en une dizaine de variantes (dont un végétarien !), une kyrielle de grillades et de doucereuses pâtisseries au miel arrosées de thé à la menthe. Je vous recommande très chaudement la pastilla, qui est un espèce de feuilleté à base d’oignon, de pigeon ou de poulet, de persil, de coriandre, d’œuf dur et d’amandes et de cannelle. Ah, j’en ai l’eau à la bouche… Après une entrée aussi copieuse, l’heure est au plat de résistance : vous êtes plutôt couscous ou tajine ? Néanmoins, je vous aurai prévenus : les proportions sont gargantuesques ! Si malgré tout il vous reste un petit creux, laissez-vous séduire par un makrout aux dattes ou par une corne de gazelle. Buvez un thé, appréciez la beauté des lieux, digérez un peu et dirigez-vous mollement le long de l’allée Haüy, du nom d’un des pionniers de la minéralogie. 

Grande Mosquée de Paris
2bis Place du Puits de l’Ermite, 75005 Paris
01 45 35 97 33

Maintenant que vous avez bien mangé, concentrez-vous : on va parler science, biologie et gros cailloux. Les cours de SVT me paraissent bien lointains…Trésor de la terre galerie de minéralogie et de géologie exposition paris museum histoire naturelle

Car en effet, après 4 ans de travaux, la Galerie de Minéralogie et de Géologie vient tout juste de rouvrir. Petits chanceux !  En attendant une réouverture de l’ensemble du bâtiment, c’est donc la salle dite « des cristaux géants » que le Muséum a décidé de revisiter pour présenter les pièces les plus incroyables de ses collections de minéralogie. Je vous propose de découvrir avec moi la très belle exposition « Trésors de la terre« .

La collection de minéralogie du Muséum national d’Histoire naturelle figure parmi les plus importantes au monde, tant par son volume que par sa valeur scientifique et historique. Depuis bientôt 400 ans, ce sont près de 130 000 spécimens qui ont été acquis, partout dans le monde, grâce à des expéditions naturalistes, des dons, des achats ou par le mécénat. La majeure partie de ces échantillons est conservée dans la Galerie de Minéralogie et de Géologie, premier bâtiment construit en France pour être véritablement un musée entre 1833 et 1839.

Véritable immersion au cœur de la minéralogie, l’exposition entend répondre à tout un tas de questions du tout venant telles que : qu’est-ce qu’un minéral ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Quid ? Comment ? Pourquoi ?

Pour commencer, vous voyez en vitrine une vingtaine de spécimens représentant les 10 grandes classes de la classification des minéraux de Strunz. Cette classification fondée sur la composition chimique des minéraux est aujourd’hui la plus couramment utilisée par les scientifiques.
Pour une même composition chimique, un solide cristallisera de façon très différente selon la profondeur où il se forme dans la croûte terrestre, la température et la pression qui règnent au lieu de sa formation, l’abondance et la nature des fluides à partir duquel il grandit et l’espace dont il dispose pour croître. L’influence de quelques uns de ces mécanismes est présentée dans un film animé.

A la fois esthétique et didactique, l’exposition se divise en huit « chambres noires » différentes : les cristaux géants, la découvert du minéral, les différentes formes et les couleurs, les gemmes et autres pierres précieuses, la collection des spécimens incongrus et les météorites. Préparez-vous à en prendre plein les yeux ! Pas moins de dix-huit des quatre-vingts cristaux géants de la collection d’Ilia Deleff, acquis par l’établissement en 1982, sont mis en valeur sur un podium au cœur de la salle d’exposition. Parmi ces cristaux géants, plusieurs quartz colossaux pesant 2 ou 3 tonnes côtoient d’immenses géodes renfermant des milliers de petits cristaux d’améthyste. Ca brille…

Entre les météorites martiennes, les cristaux géants, les roches et minéraux sont autant de spécimens précieux qui témoignent de l’histoire de la terre et du système solaire. A s’en faire tourner la tête, c’est une véritable profusion de malachites, dioptases, topazes et azurites, rubis et autres miméties. Bleu, rose, rouge, jaune, vert et même… parfaitement incolore ! En effet, l’éclat et la transparence d’un minéral dépendent de la façon dont sa structure interagit avec la lumière : selon leur organisation, ils réfléchissent les ondes lumineuses ou se laissent traverser. Un dispositif met ainsi en évidence les phénomènes polychroïsmes qui font varier la couleur d’un cristal selon ses angles de vue. Plus loin, on découvre que certains minéraux deviennent fluorescents quand ils sont éclairés par des rayons ultraviolets. Un film animé explique cette diversité chromatique, tandis qu’un autre dispositif présente des pigments connus depuis la nuit des temps comme l’ocre, l’hématite ou le lapis lazuli, avec les minéraux bruts dont ils sont extraits.

Dans la nature, l’or, l’argent ou encore le platine apparaissent sous la forme de paillettes, de dendrites, de pépites ou de cristaux. À l’état brut, ces métaux précieux sont tendres et se travaillent facilement, mais bien d’autres minéraux sont utilisés en joaillerie et dans l’art décoratif comme le jaspe, la malachite, ou encore le lapis-lazuli.
Les pierres précieuses ont d’abord été recherchées pour leur dureté qui servait à l’aiguisage des outils, avant que les Hommes ne s’égarent et ne commencent à leur attribuer des pouvoirs magiques ou thérapeutiques. Connu depuis l’antiquité en Asie, le facettage n’est pratiqué en Europe qu’à partir du XVesiècle : on était décidément un peu à la masse. Mais maintenant, dirigez-vous vers le clou du spectacle : les joyaux de la couronne !

Une vitrine accueille les gemmes historiques issues des collections royales et impériales léguées au Muséum national d’Histoire naturelle. Parmi ces joyaux, on trouve l’Émeraude dite de Saint-Louis, le Grand Saphir de Louis XIV, une évocation de la parure en topazes roses de L’Impératrice Marie-Louise et la Grande Opale de Charles X. A côté, on découvre l’histoire du Grand Diamant Bleu de Louis XIV, volé à la Révolution française puis retaillé pour devenir le légendaire « Hope » conservé au Smithsonian Institute de Washington. Pompom sur la garonne, la pièce centrale de cette reconstitution est le plomb du diamant de Louis XIV, retrouvé en 2007 dans les collections du Muséum.

En somme, cette exposition allie une présentation subtile des spécimens de la collection alliée à l’incontournable vocation pédagogique du Muséum. Le mariage de pièces monumentales avec celles plus petites, la salle volontairement assombrie et les vitrines très amples permettent vraiment d’accentuer avec justesse et éclat les couleurs et cristallisations des spécimens. Aussi belle qu’intéressante, je vous recommande chaudement d’aller y faire un tour : c’est jusqu’au 06 janvier 2016 !

Galerie de Minéralogie et Géologie
36 rue Geoffroy Saint-Hilaire
75005 Paris
Ouvert tous les jours de 10h à 17h

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2 Comments

  • Reply Madeleine à bicyclette

    Ca ressemble fortement à une journée parfaite, des pâtisseries orientales et des cristaux!
    Deux endroits que j’aimerai visiter mais je n’ai jamais pris le temps lors des mes passages à Paris.

    11 octobre 2015 at 21 h 17 min
    • Reply Anaïs

      Eh bien tu as encore le temps d’aller y faire un tour, l’exposition est ouverte jusqu’au 31 décembre… 2018 ! 😉

      5 novembre 2015 at 11 h 44 min

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