Culture Les formules Rive Gauche

Formule n°4 : Institut du Monde Arabe et Fourmi Ailée

mystères osiris

Ô que le temps est froid, humide, et démoralisant… Mais qui dit temps lugubre, dit musée ! Et comme souvent sur ce blog, une adresse gourmande n’est jamais bien loin : je vous emmène aujourd’hui à l’Institut du Monde Arabe pour l’exposition « Les mystères d’Osiris », prolongée jusqu’au 06 mars 2016, puis casser la croûte à la Fourmi Ailée, à deux pas ici. C’est parti !

Exposition événement de la rentrée 2015, « Osiris, mystères engloutis d’Égypte » dévoile 250 objets retrouvés lors de fouilles sous-marines, ainsi qu’une quarantaine d’œuvres provenant des musées du Caire et d’Alexandrie, dont certaines sortent d’Égypte pour la première fois : rendez-vous compte !

La légende d’Osiris, l’un des mythes fondateurs de la civilisation égyptienne, est ainsi richement illustré par ces découvertes, et ce que l’on appelle les « Mystères d’Osiris », ce sont les cérémonies célébrées dans toute l’Égypte antique qui faisaient revivre, renouvelaient et perpétuaient la légende fondatrice du pays, celle de la triade divine Osiris – Isis – Horus. Du coup, cette exposition révèle parmi les dernières découvertes sous-marines de Franck Goddio et de ses équipes, des vestiges de la cérémonie des « Mystères d’Osiris » retrouvés dans les villes de Thônis-Héracléion et Canope. Ca vous branche ? C’est parti ! Institut du monde arabe

Enfin, first things first : si vous vous souvenez bien de vos cours d’histoire au collège, les mythes cosmogoniques et l’ennéade sont clairs comme de l’eau de roche. Pour les autres, voici un court rafraichissement : Osiris, fils de la Terre et du Ciel, est très apprécié des égyptiens, notamment parce qu’il leur apprend l’agriculture. En revanche, son frère Seth mène une vie de patachon et le jalouse terriblement : du coup, il le tue. Afin d’être sûr de chez sûr qu’il était mort, il découpe son corps en 14 morceaux avant de le jeter dans le Nil : on n’est jamais trop prudent ! Mais c’était sans compter sur Isis, la sœur-épouse d’Osiris (oui), qui remembre son corps grâce à ses pouvoirs divins (et, soyons honnête, un sacré coup de main), avant de lui rendre la vie et de concevoir dans la même foulée leur fils, Horus. Osiris devient alors le Maître de l’Au-delà et Horus, victorieux de Seth (oui parce qu’entre temps ils s’étaient fritté eux aussi), reçoit l’Égypte en héritage. Tout est bien qui finit bien ! 😀 Institut du Monde Arabe

Ce que cette charmante histoire de famille prouve entre autres c’est que l’harmonie et l’unification sont des principes ultra importants en Égypte, sans pour autant que leur dogme soit manichéen : Seth représente la part d’agressivité nécessaire à chacun, mais qui doit être contenue. D’ailleurs, Horus lui arrache les testicules, et cela montre bien que pour les égyptiens, tout est affaire d’équilibre : pour qu’il y ait le chaud… il faut qu’il y ait le froid.

Mais revenons à notre exposition : dès le parvis de l’IMA, deux statues monumentales trônent, trop grandes pour figurer à l’intérieur : un roi pharaon datant du IIIe siècle avant JC, accompagnée de sa sœur et reine, représentée en Isis. Deux statues découvertes par les équipes de Franck Goddio dans la ville engloutie de Thônis-Héracléion et qui ont été saluées par le peuple égyptien lors de leur transport d’Aboukir à Alexandrie. A l’intérieur, les pièces en « rouge » sont celles prêtées exceptionnellement par les musées arabes, et les 250 autres sont issues des découvertes archéologiques sous-marines faites en Égypte, à l’ouest du delta du Nil, par l’IEASM et Franck Goddio, le célèbre archéologue sous-marin français. Dans cette région complètement submergée à la suite d’accidents sismiques et géologiques, les fouilles ont permis de retrouver les vestiges des cités de Thônis-Héracléion et de Canope, en baie d’Aboukir, à quelques kilomètres à l’est d’Alexandrie. Là, au fond de l’eau, les fondations de temples ont été retrouvées ainsi que de multiples artefacts, statues et objets liturgiques – en relation avec la divinité Osiris et la cérémonie annuelle des fameux «Mystères». Institut du Monde Arabe

Daté en 238 avant notre ère, le décret de Canope mentionne le fait que tous les ans, se déroulerait une navigation dans le cadre des Mystères, selon des modalités spécifiques : elle devait commencer au temple de l’Amon Géreb à Héracléion pour se terminer au sanctuaire d’Osiris à Canope. On connaît ce décret depuis plusieurs dizaines d’années, aussi ce qui est exceptionnel avec cette exposition c’est que les découvertes faites dans la baie d’Aboukir illustrent concrètement le texte, car elles fournissent les traces matérielles de ces célébrations. Avouez que la perspective est grandiose : on peut contempler aujourd’hui des objets témoignant de la grande cérémonie initiatique égyptienne, telle qu’elle s’est déroulée au nord de l’Egypte, à des siècles de distance. Ce qui m’a particulièrement marquée pendant le parcours, c’est de voir à quel point un grand nombre de ces objets retrouvés sous l’eau sont dans un parfait état de conservation : pour certains d’entre eux, le marbre était si brillant, si régulier, que l’on aurait pu jurer qu’il avait était fait la veille ! Institut du Monde Arabe

En sus des objets, plusieurs films sont projetés tout au long de l’exposition, montrant le travail passionnant des archéologues : comment trouve-t-on des trucs au fond de l’eau sous 3 mètres de boue ? Comment les remonter à la surface, genre s’il s’agit d’une felouque en bois du VIIIème siècle ? Comment comprendre leur utilisation et leur importance, sans notice explicative ? Quid ?

« Vouloir comprendre les cérémonies en l’honneur d’Osiris demeure ambitieux. » admet Frank Goddio. « Mieux vaut peut-être essayer de les faire ressentir au public par l’entremise d’objets mis au jour dans les deux villes disparues, Canope et Héracléion« .

Les Mystères d’Osiris
Institut du Monde Arabe
Prolongation exceptionnelle jusqu’au 6 mars 2016.

Fourmi ailée Paris Restaurant salon de thé Institut du Monde Arabe

Vous avez un petit creux ? Zou, à 800 mètres de l’Institut du Monde Arabe, voici un endroit pour digérer tout ce que vous venez d’apprendre et vous rassasier. Prenez le Boulevard St Germain, continuez sur la rue Lagrange et prenez à gauche sur la rue du Fouarre : en 10 minutes à peine, vous voilà arrivés à la Fourmi Ailée. Alors je vous préviens, ce n’est ni plus ni moins qu’une de mes adresses préférées de tout le 5ème arrondissement, le quartier de mon coeur et où je réside depuis bientôt deux ans : autant vous dire que j’y passe du temps, que ce soit pour un déjeuner savoureux, un goûter ou un diner bien arrosé… Malgré le fait qu’il soit proche de la rue de la huchette et de ses échoppes peu ragoutantes, la fourmi ailée est une petite pépite conservée dans son jus où il fait bon vivre, bon manger et bon rire, et ce pour des tarifs plus que raisonnables. Que demander de plus ? Fourmi ailée paris

La carte est bonne, le service gentil comme tout, et le lieu enchanteur : vous êtes entourés de sculptures, de tableaux et surtout de livres ! J’y ai mon plat de prédilection : la blanquette de veau. Ce n’est pas mon plat préféré, mais la leur est tellement fondante et gouteuse que je suis incapable de commander autre chose à chaque fois que j’y vais. En revanche, je ne me suis pas privée pour tâter l’assiette de mes voisins, et je vous garantis que la moussaka et les lasagnes sont à tomber. Pour boire, un thé au jasmin le midi, un thé au miel pour le gouter avec une part de tarte citron/pruneau, et le soir une bouteille de vin rouge absolument superbe. Même le pain est fait maison ! Enfin, vous l’aurez bien compris, c’est un lieu fort agréable pour un déjeuner en famille, un diner en amoureux, une tablée entre copains ou un goûter en tête à tête avec un bon livre. Institut du monde arabe

P.S : pour ceux qui sont plus rive droite, la Fourmi Ailée à une petite soeur à deux pas du Sacré Coeur, L’été en pente douce !

 La Fourmi Ailée
8 Rue du Fouarre, 75005 Paris
01 43 29 40 99

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