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Le Louvre-Lens : Visite

Visiter le Louvre Lens

Foule en délire, j’ai le plaisir de vous présenter ni plus ni moins que mon coup de foudre absolu de 2015 (oui je suis super super en retard) en matière de musée et de scénographie : le Louvre-Lens ! Y êtes-vous déjà allés ? Je vous préviens, il va s’agir d’un article presque infini car je suis d’humeur volubile…

Inauguré le 12 décembre 2012, le Louvre-Lens n’est pas « juste » un musée : son emplacement, sa forme et sa conception font qu’il s’agit là d’une opportunité extrêmement intéressante pour le Louvre d’expérimenter, de créer, de reconsidérer. Affranchi du palais parisien, l’espace est une immense toile vierge : l’endroit idéal pour interroger ses missions, ses pratiques, ses collections, sortir de ses murs et au passage, du cadre. Tout l’enjeu est de redécouvrir et éprouver la vocation essentiellement sociale d’un musée ainsi que sa mission d’éducation artistique, notamment en remodelant la médiation. Beau programme…

Alors, nous n’allons pas refaire ensemble l’histoire des musées mais ces derniers ont tout de même connu depuis plusieurs années une importante mutation, au gré des époques et des usages, bouleversant autant leur architecture que leur muséographie. Aujourd’hui, l’impératif est simple : élargir leur vocation. Car au fond, à qui s’adressent-ils aujourd’hui, ces musées ?

Si leur mission première reste la conservation et l’enrichissement de leurs collections, un nouvel enjeu est, à l’heure actuelle, primordial : l’accessibilité, physique comme intellectuelle. Jadis exclusivement tournés vers l’élite et l’érudit, les musées doivent aujourd’hui continuer de recevoir les visiteurs qui y viennent naturellement, mais aussi accompagner et prendre par la main ceux qui, éloignés des pratiques culturelles, les perçoivent comme inaccessible, pas faits pour eux. Être un musée aujourd’hui, c’est continuer de se pencher sur le passé – car on lui doit quand même deux ou trois choses – mais aussi regarder vers l’avenir. C’est cette double posture qui permet d’interroger et intégrer les dernières évolutions, de susciter la création et le regard contemporain, de s’adapter à l’émergence de nouveaux publics, usages et outils, et par là même, de nouvelles attentes. Evoluer, tout simplement ! En cela, les musées jouent un rôle intrinsèquement social et éducatif, et leur position doit aujourd’hui toucher tout le monde : le savant comme le novice, l’enfant et l’adulte, l’étranger et le voisin.

Musée Louvre Lens

Vous êtes toujours là ? Bravo ! Continuons.

Un nouvel état d’esprit donc, et une nouvelle façon de voir – et faire – les choses. Ce serait dommage de paraphraser Henri Loyrette, le Président-directeur du Musée du Louvre alors qu’il en parle si bien, aussi voilà ce qu’il en dit :

C’est pour cela que les collections sont présentées de façon temporaire et transversale, réunissant ce qui, à Paris, est séparé en départements, en écoles, en techniques. Bref, le Louvre-Lens est un musée du 21e siècle, un musée dans tous ses rôles, artistique, social, éducatif, un musée qui rend visible ce qui est d’ordinaire dissimulé, et fait appel aux techniques les plus modernes d’information. Cet « autre Louvre », ce musée de verre et de lumière, délicatement posé sur un ancien carreau de mine, la fosse 9-9 bis de Lens, n’est pas une simple annexe du Louvre, mais le Louvre même. Le Louvre dans toutes ses dimensions et toutes ses composantes, dans son amplitude géographique et chronologique de musée universel.

Parlons maintenant du nerf de la guerre, de la pépite du Louvre-Lens : la Galerie du temps, bien sûr ! Sa scénographie, conçue par le brillant Studio Adrien Gardère, présente les œuvres dans un immense espace de 3000 m2 , selon une logique chronologique. Totalement inédite, ultra moderne, astucieuse et élégante, le parti-pris de la présentation créé un dialogue nouveau entre les époques, les courants, les techniques et les civilisations. Le tout est vraiment cohérent et harmonieux, et j’ai été absolument conquise : quel bonheur de voir se côtoyer des œuvres qui d’usage sont séparées. Ainsi, une poterie mésopotamienne confronte une sculpture grecque, une mosaïque perse répond à un bijou égyptien, un buste latin frise une icône du 17ème siècle… La Galerie du temps offre donc aux visiteurs un aperçu unique de l’histoire de l’art – dans les limites qui sont celles des collections du Louvre – s’ouvrant avec l’invention de l’écriture en Mésopotamie au 4e millénaire avant notre ère, et se terminant avec la révolution industrielle au milieu du 19e siècle. Au moment même où commence l’exploitation charbonnière à Lens !

La Grande Galerie est en quelque sorte la collection permanente du musée lensois :  la Galerie du Temps est sa première exposition, et sera bientôt remplacée par une autre. Ce système de rotation permet à des oeuvres de repartir au Louvre pour être remplacées par d’autres, et d’offrir la crème de la crème des collections du Louvre. 

Pour résumer tout cela, le Louvre-Lens incarne à lui seul une nouvelle ère pour les musées et la culture, faite à la fois d’exigence et de démocratisation. Exigence par sa sélection particulièrement riche et exceptionnel, démocratisation car il s’agit là du coeur même du projet lensois, ouvert à tous. En plus, l’entrée est gratuite jusqu’à la fin de l’année 2016 : foncez-y, c’est un ordre !

Musée Louvre-Lens
99 Rue Paul Bert, 62300 Lens

Allez, je vous sens harassés, aussi je vous propose de passer à table. Dans le parc du musée du Louvre-Lens, entre les boules de buis et les arrondis ciselés dans le sol, L’Atelier de Marc Meurin émerge dans une belle verrière très contemporaine. Tenu par le chef aux deux étoiles, la carte a un accent du Nord et un très honnête menu du jour à 32€ : parfait après une visite !

Le Louvre à Lens était une évidence pour Marc Meurin : « Je suis né à Lens. J’ai toujours cru au projet ». Aussi, quand il s’est agi d’ouvrir le restaurant du musée, c’était forcément lui, pour « s’inscrire dans ce projet de renouveau de la ville », certes, mais aussi pour décliner une cuisine plus abordable, ce que « le prêt-à-porter est à la haute-couture ». À Lens comme à Lille, il défend toujours les produits régionaux : betteraves, endives, poissons, volailles, pommes de terre… Il est également revenu de la mode du tout bio, préférant le courant locavore et la fonction pédagogique de la cuisine.

Mais hélas, comme à notre habitude nous n’avions pas réservé et l’endroit affichait complet. J’y retournerai assurément, car vous m’avez comprise j’ai le béguin pour Lens… 

L’Atelier de Marc Meurin
97 Rue Paul Bert, 62300 Lens
03 21 18 24 90

 

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7 Comments

  • Reply Chloé

    Je n’habite pas très loin et cela fait un moment qu’on parle d’y aller… Après le hasard, le manque de temps et le reste font que jusqu’à présent, nous n’avons pas franchi le cap, mais ton article me motive pas mal!

    18 mars 2016 at 20 h 58 min
    • Reply Anaïs

      Reserve au restaurant et prends ton billet ! Tu ne le regrettera pas, promis 🙂

      24 mars 2016 at 9 h 13 min
  • Reply Temps H

    Depuis le temps que je me dis que je dois visiter ce musée. Certes j’ai le « vrai » Louvre à Paris, mais je suis curieuse !

    18 mars 2016 at 21 h 56 min
    • Reply Anaïs

      N’hésite pas, cours-y ! Et puis de Paris, ce n’est pas si loin que ça (bon ok, 2h00 de voiture quand même, mais ça les vaut !)

      24 mars 2016 at 9 h 12 min
  • Reply Monika

    Salut! Merci pour cette super visite. Moi qui passe ma vie au Louvre de Paris (c’est mon école hihi), voir celui de Lens est un vrai plaisir! J’espère pouvoir m’y rendre bientôt.

    23 mars 2016 at 17 h 05 min
    • Reply Anaïs

      Hello ! Merci pour ton passage ici et ton retour 🙂 Je suis ravie que cela t’ai plu. Quelle chance d’étudier au Louvre !

      24 mars 2016 at 9 h 11 min
  • Reply Anthropophagie - Un weekend à Lyon - Toutes mes bonnes adresses

    […] n’avais pas été autant bluffée par une scénographie (la dernière fois, c’était au Louvre Lens, c’est dire !). Les salles d’exposition permanentes sont très belles, bien pensées et […]

    14 septembre 2017 at 17 h 01 min
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