Art de vivre Pêle-mêles

Pêle-Mêle n°31

☞ Plein de nouveaut(h)és !

Le Christmas Orange, offert par Mariage Frères : un Thé noir gourmand Orange aux notes d’oranges confites aux épices parfait pour le petit-déjeuner. En plus, il y a à l’intérieur des petites étoiles en sucre qui en fondant laissent une traînée pailletée dans ma tasse… Rien que pour ça, je veux bien me réveiller.

Le thé Chung Hao de Fauchon : un thé vert de Chine parfumé avec des fleurs de jasmin fraîches. A boire après le déjeuner.

Le Mont-Blanc d’Angelina. Lui, vous le connaissez déjà bien ! Avec ses notes de marron glacé, de sirop d’érable, d’abricot confit et de fleur d’oranger, il est idéal pour le goûter.

La Tisane de Noël de Dammann : Mélisse, fèves de cacao, réglisse, cardamome, Cannelle, morceaux de gingembre et clou de girofle, poivre rose et noir, fleurs de souci, arôme chocolat. A boire tous les soirs à partir du 01 décembre !

☞ J’ai vu un spectacle de cirque contemporain : Knee Deep. Ce n’est clairement pas ma tasse de thé (hahaha), et je préfère le théâtre, mais les critiques étaient si élogieuses que ç’aurait été dommage de passer à côté. Oh, comme nous avons bien fait…

Composé par quatre artistes venus d’Australie et des Samoa, Knee Deep est une symphonie des corps tout en muscles, en souplesse et en finesse. C’est simple, la salle entière était sciée, et on n’osait parfois pas applaudir de peur de les faire dégringoler comme un château de cartes. C’est aérien, gracile et puissant à la fois, et leur maîtrise est telle qu’on pourrait presque croire que faire une double vrille dans les airs avant de retomber avec élégance sur les épaules d’un type torse nu est aussi facile que naturel. En marchant littéralement sur des oeufs, ils dévident un fil de fragilité et de poésie, et c’est le corps humain dans toute sa splendeur qui se dévoile et se déploie de façon intimiste – les costumes et les décors sont minimalistes et dépouillés – et parfois troublante : les corps sont poussés, tirés, soulevés, étirés… Les artistes explorent les contours du physique, éprouvent notre ressenti et bouleversent les limites du corps humain. Muscles après muscles, pas après pas, tout se déconstruit délicatement pour se reconstruire différemment ailleurs, dans une invraisemblable chaîne humaine pourtant réelle. Entre force et douceur, agilité et sensualité, les acrobates nous révèlent leur propre langage, celui du corps et de la peau, des muscles et des os. Courez-y, c’est un ordre !

☞ Un super resto !

La semaine dernière, c’était l’ouverture de la Table des Insolents, un restaurant bistronomique tenu par une jeune équipe qui vient réveiller le 15ème arrondissement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça déménage ! En attendant notre commande, nous patientons avec une corbeille de pain frais et du beurre préparé par le chef. En effet, chez les Insolents rien ne se perd et tout se créé : pour éviter le gâchis, le chef Maximilien Jancourt « recycle » ses ingrédients. Au menu ce soir là du beurre doux et un beurre au cresson et piment d’espelette… Trop chouette, non ?

La cuisine est ouverte sur la salle et je suis partie épier le chef qui confectionnait les gnocchis au romarin. Eh oui, tout est fait maison !

Table des Insolents Restaurant bistronomique paris 75015

La carte est courte et simple, on va à l’essentiel et les prix sont loin d’être excessifs eut égard à la qualité des plats : lorsque les assiettes arrivent, je fond, c’est si joliment présenté ! Le dressage est poétique, la viande succulente et l’ensemble très cohérent. Décidément une très, très bonne table… S’agissant du service, il est gentil à souhait, le sourire aux lèvres et super efficace. Pour passer un bon moment, je ne saurai que trop vous le recommander cette jeune enseigne qui fera bientôt parler d’elle… c’est certain !

La Table des Insolents
6 rue de Cronstad
75015 – Paris

09.50.71.41.25 – contact@table-des-insolents.com

☞ Les heures tardives, de Danielle Mermoud

« Tarie, la verve épistolaire en même temps que s’assoupissait le volcan. Je ne lévite plus dans les aurores boréales. Le réel a repris ses droits prosaïques et les charmes balisés et proprets du quotidien. Mais quoi ! On ne peut voyager à nuit faite dans les allées royales du fol amour. J’ai rayonné comme un soleil, je fus soleil et lune aussi. »

Danièle Mermoud Les Heures Tardives Editions du Panthéon Avis

« J’ai aimé ailleurs, une passion grande comme la mer et le ciel et l’univers tout entier qui m’a prise dans ses tourbillons profonds et m’a laissée sur des sables inconnus. Qui dure encore, toute douce et tendre. »

Ce livre est tout simplement un des meilleurs qu’il m’ait été donné de lire depuis bien longtemps. Il m’a tordu les boyaux, serré le coeur et fait palpiter les tempes. Lire ces lignes ça a été comme, pfou, comme plonger à l’eau et se faire écraser par le ressac avant de sécher au soleil. C’est beau, c’est dur, ça écorche la peau et ce qu’il y a dessous, ça caresse les côtes et ça remonte le long des veines. Qu’il est grisant, ce sentiment de toucher du doigt quelque chose d’essentiel dont on se souviendra toute sa vie… La ponctuation est hasardeuse, inexistante parfois, grave, souvent ; le style est simple, spontané, jeté comme il arrive, sans embarras ni esbroufe.

« Tu as cette peau douce de saison dénouée. Et si mes doigts savent à leur guise froisser et défroisser tes cheveux, j’oublie le soyeux des cils ou l’attache des genoux ».

C’est quand même fou d’écrire si bien, si juste, si important et si léger à la fois. Ca doit faire quoi, bien 4 fois que je le relis, et chaque fois il sonne différemment. Ces derniers jours, il m’a été bien utile pour traverser un deuil douloureux, injuste et dégueulasse, et le réconfort niché derrière chaque mot calmait ma peine de connaître le sentiment si misérable de la perte d’un être cher.

« C’était le printemps pourtant, cette saison éblouie lascive, si forte de la nouaison des choses, le fouissement des racines le harcèlement de la graine l’effervescence de l’écorce l’oiseau qui s’égosille, la larme au bord des cils, la flaque de soleil sur le parquet ciré. Toujours, de ces jours innombrables qui ont tissé mes saisons, surgit l’engouement de la terre pour l’écorce la fleur la racine l’arbre, l’irréductible de toutes nos existences, ce que l’on ne sait dire de la vie.

Juste être vivante. Me donner voilure car la mer est grande.

Parfois t’écrire n’est pas faisable. Ton nom devient imprononçable. Je m’englue dans le vide de toi. Dans ce silence à jamais. L’incantation à la vie n’est plus possible. S’appliquer à l’exercice de la mémoire, c’est savoir qu’il y a un désert. La mémoire ne balise pas les chemins de la douleur et du remords, c’est pourquoi je suis sans souvenir. »

Les Heures Tardives – Danielle Mermoud
12,80€ – Editions du Panthéon

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