Art de vivre

La Maison Penhaligon’s – Haute parfumerie

Penhaligon's histoire parfum Londres

Il y a quelques jours de cela, j’ai eu la chance d’être invitée par David Napier à venir visiter la maison Penhaligon’s, rue du Faubourg Saint Honoré. Si le coeur vous en dit, je vous emmène dans les coulisses d’une des plus mythiques parfumeries anglaises… 

Mais avant cela, penchons-nous sur l’Histoire britannique. Tout commence en 1870 lorsque William Penhaligon quitte ses Cornouailles natales pour venir s’enrichir à Londres (comme à peu près tout le monde). Il ouvre un salon de coiffure à proximité des Bains Turcs de Piccadilly, dont les effluves orientales viennent rapidement lui chatouiller les moustaches et lui donner des idées.William Penhaligon Anthropophagie

Bien inspiré par ces vapeurs parfumées, il créé en 1872 son premier parfum, Hammam Bouquet, qui se trouve être un coup de maître. Fort de ce premier succès, il devient dans la foulée le coiffeur et parfumeur officiel des Royal Courts, qui le sacrent « fashionable hairdresser workshop » : en gros, the place to be royalement bien coiffé. Penhaligon’s devient le symbole de la parfumerie au temps de la reine Victoria, puis de la reine Alexandra, et compte parmi ses clients une grande partie de l’aristocratie anglaise et de la famille royale. Et c’est toujours le cas aujourd’hui !

À sa mort, son fils Walter reprend les rênes de l’entreprise et entend bien continuer sur sa lancée. Doté lui aussi d’une approche unique de la parfumerie fine et d’un savoir-faire pas piqué des hannetons, il s’acharne à faire connaître son expertise à travers le monde. En 1902, le Duc de Marlborough lui commande une fragrance privée afin de célébrer le siège ancestral de sa famille au Bleinheim Palace. Pour relever le défi, Walter l’audacieux décide de rompre avec les eaux florales de rigueur à l’époque et compose le Bleinheim Bouquet, fait de notes fraîches et citronnées. Shocking tohu-bohu ! Le résultat est un tel succès que le parfum devient illico un best-seller. De nos jours encore, il est de loin le plus célèbre parfum de Penhaligon’s. Winston Churchill, l’héritier du Duc, en était d’ailleurs un de ses plus grands fans…

Aujourd’hui, les plus récents parfums sont l’œuvre de plusieurs nez qui associent leur imagination débordante à des ingrédients de haute-qualité venus des quatre coins du monde. Comme Sir Penhaligon en son temps, l’objectif est d’allier un savoir-faire reconnu à des formules originales et innovantes. Finalement, des parfums à l’image de l’Angleterre : classiques… with a twist !

En septembre dernier, Penhaligon’s a dévoilé deux nouvelles fragrances inspirées par les paysages sauvages et passionnés de la Grande Bretagne : Blasted Heath, pour homme, et Blasted Bloom, pour femme. Signés Alberto Morillas, ils évoquent la campagne anglaise, son long littoral accidenté, la beauté de ses côtes rocheuses et de ses paysages vallonnés : l’instant où la terre rencontre la mer, juste avant le ressac.

Penhaligon's histoire parfum Londres

Inattendues, ces deux fragrances explorent une palette olfactive rappelant les couleurs, les textures et les sensations de la côte sauvage : la roche, l’écume, la terre. Quand mon copain porte Blasted Heath, je pourrais presque imaginer un ténébreux lord anglais parcourir la lande écossaise et fouler de ses hunter la fougère encore humide de rosée… Alors qu’en vrai il déambule en nike dans le salon. Plus féminin, limite majestueux, Blasted Bloom est teinté de poivre rose et ses notes de fond rappellent les bois, les baies sauvages, la pureté de la mer et le réconfort de la forêt. Voyez-vous, je suis bien lyrique quand il s’agit de belles choses…

Si vous passez près de la rue Saint-Honoré, pensez à faire un détour dans cette boutique si particulière et gorgée d’histoire : sitôt la porte poussée, on pénètre dans une atmosphère désuète et délicieusement anachronique de barbier anglais du 19e siècle. J’adore le charme suranné des boiseries et des présentoirs marquetés qui abritent toutes sortes de flacons, eaux toilettes, allumettes, des articles de rasage et savonnettes à la lavande…

Penhaligon's histoire parfum Londres

À vos buzzers : savez-vous pourquoi les parfums Penhaligon’s portent tous un petit noeud ? Par le passé, ces derniers étaient utilisés pour assurer le maintien du bouchon sur les flacons pour éviter que le parfum ne se répande partout. Comme c’était pénible et pas très pratique à trimballer dans son sac à main, l’humanité a inventé les aérosols.

Depuis, les petits rubans font partie intégrante de la silhouette emblématique des parfums, et j’aime beaucoup ce petit clin d’oeil historique, pas vous ? Régulièrement, la marque invite des créateurs et autres artistes délurés à revisiter le célèbre fétiche. D’ailleurs, pour célébrer ses 145 ans, la Maison Penhaligon’s a collaboré avec « Oncle Pape » pour la création d’une collection de nœuds papillon. Imaginés et créés à Paris, ils sont faits en bois : English Fern, Juniper Sling, Sartorial… chacun le sien. La collection sera disponible dans les boutiques Penhaligon’s et Oncle Pape à Paris et sur www.penhaligons.com & www.onclepape.com à partir de novembre 2015.

Je remercie infiniment David Napier et Penhaligon’s pour cette belle visite et ces ravissantes découvertes. Je suis vraiment conquise, et vous risquez d’en entendre parler de nouveau par ici…

Penhaligon’s
209 Rue Saint Honoré, 75001 Paris
01 49 26 91 66

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1 Comment

  • Reply sunsiare

    Bonjour, je suis rentrée une fois dans une boutique à Paris mais il y avait beaucoup de monde aussi je ne me suis pas éternisée, il faudrait que j’y retourne d’autant que j’aime les beaux parfums

    10 octobre 2015 at 16 h 27 min
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